L’intervention de l’« extérieur » dans la construction des motivations des apprenants et des représentations relatives à la langue : la didactique du FLE au Japon mise en jeu par le contexte

Résumé : Dans le présent travail, nous tenterons de montrer quels facteurs contextuels participent à la construction du discours tenu en classe de français langue étrangère (FLE) au Japon, à celle des motivations des apprenants japonais ainsi qu’à celle des représentations relatives à la langue et à la culture françaises chez ces derniers. Ce questionnement a son origine dans le constat que nous avions fait à travers une recherche quantitative (Ishikawa, 2002), constat selon lequel l’enseignement du français au Japon, dont le public le plus important est universitaire, est actuellement mis en jeu par un clivage non négligeable entre les motivations des apprenants et l’enseignement offert. Dans cette perspective, nous analyserons, après avoir brièvement présenté notre cadre d’analyse, les résultats de l’enquête que nous avons menée auprès d’étudiants universitaires apprenant le français au Japon, en vue de nous interroger sur les questions suivantes : quelles sont leurs motivations d’apprentissage ? Quelles sont les représentations qu’ils accordent au français ou à l’enseignement du français ? Et quels sont les facteurs contextuels qui participent à la construction de ces motivations et de ces représentations ? Nous soumettrons ensuite à notre examen des extraits de discours tenus en classe de FLE dispensée dans un cadre universitaire, afin de mettre en lumière quelques-unes des caractéristiques représentatives des cours de FLE au Japon. Dans cet état d’esprit, nous nous demanderons comment les facteurs socioculturels apparaissent dans le discours en classe de langue, comment les apprenants construisent les représentations relatives à la langue et à la culture et dans quelle mesure la didactique du FLE au Japon satisfait aux besoins des apprenants. Pour réfléchir à ces questions, nous nous intéresserons tout particulièrement à des faits langagiers auxquels l’enseignant accorde une grande importance pour transmettre du savoir-dire, ainsi qu’à des activités didactiques pratiquées pendant la classe. Ladite enquête a été effectuée auprès de 339 étudiants apprenant le français en première année à l’Université de Yokohama-shi, soit dans la Faculté d’Économie et de Gestion d’Entreprises, soit dans la Faculté d’Études de Cultures Internationales, soit dans la Faculté des Sciences Naturelles. C’est l’une des universités japonaises typiques du point de vue de la taille, du niveau des connaissances que les étudiants admis et inscrits ont acquises au lycée et de la diversité des facultés et des cours dispensés. Les réponses apportées à cette enquête avait déjà été analysées quantitativement (Ishikawa, ibid.). Quant à l’enregistrement des cours, il a été réalisé postérieurement dans la même université. Les étudiants qui ont contribué au recueil de ces données sont inscrits en première année à la Faculté d’Économie et de Gestion d’Entreprises — la faculté la plus importante en nombre d’étudiants apprenant le français —, mais ne sont pas les mêmes que ceux qui ont répondu à l’enquête. Les paroles recueillies, ainsi que les réponses apportées à l’enquête, seront, dans le cadre de la présente recherche, analysées du point de vue linguistique et donc qualitatif ; nous tenterons d’y trouver des traces linguistiques témoignant des processus discursifs par lesquels se construisent les représentations ainsi que de ceux par lesquels se reproduit la réalité extrascolaire dans le contexte didactique. Pour ce faire, nous ferons référence à l’approche ethnométhodologique (Sacks, 1963 ; Relieu, 1993 ; Lynch, 1994 ; Mondada, 1998b), qui considère que les paroles sont des activités décrivant des circonstances contextuelles, parmi lesquelles, entre autres, le contexte immédiat de l’énonciation et l’objet du discours. Nous ne la prendrons néanmoins pas dans sa version radicale, selon laquelle le contexte, ainsi que le sens, se construit uniquement dans des interactions sociales situées (voir pour une présentation, par exemple, Gülich, 1991 ; Heritage, 1992 ; Mondada, 1995). Nous l’envisagerons plutôt dans sa version « douce » comme celle qui a été proposée par Gajo (2001), version qui suppose que dans l’interaction il existe des composantes discursives ou extradiscursives se prêtant simplement à être validées, soit explicitement, soit implicitement, au cours des échanges verbaux, desquelles relèvent, selon Gajo (ibid.), les rôles d’enseignant et d’apprenant joués en situation didactique et, relèveraient, pour notre compte, notamment le contexte social extrascolaire, c’est-à-dire la réalité socioculturelle et politique en dehors de la classe, et qui englobe cette dernière et justifie institutionnellement son but.
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Article dans une revue
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Contributeur : Fumiya Ishikawa <>
Soumis le : mercredi 8 mars 2017 - 07:42:28
Dernière modification le : vendredi 14 juin 2019 - 01:33:31

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  • HAL Id : hal-01484905, version 1

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Citation

Fumiya Ishikawa. L’intervention de l’« extérieur » dans la construction des motivations des apprenants et des représentations relatives à la langue : la didactique du FLE au Japon mise en jeu par le contexte. Enseignement du français au Japon, 2004, pp.45-66. ⟨http://sjdf.org/⟩. ⟨hal-01484905⟩

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