Qu’est-ce que le savoir spécialisé ? – Le savoir mis en jeu dans l’interaction verbale : le cas de l’interaction « exolingue »

Résumé : Si le savoir spécialisé est un ensemble de connaissances approfondies et particulières à un champ spécifique, il est souvent difficile pour les gens extérieurs au domaine de saisir exactement ce qu’il signifie et d’échanger, à l’égard de l’objet auquel il renvoie, des avis avec quelqu’un, tout particulièrement avec des gens de ce domaine spécialisé. Par conséquent, un terme spécialisé qui au sein de la communauté des spécialistes s’emploie comme s’il était ordinaire, fait souvent l’objet de vulgarisation lorsqu’il est adressé aux non-spécialistes, voire au grand public. Intéressées par le mécanisme vulgarisateur, certaines approches sémiotiques et/ou linguistiques s’attardent pour mettre à jour les spécificités formelles des termes spécialisés et les relations syntaxique et sémantique qu’ils établissent avec leurs formes vulgarisatrices (Rey-Debove, 1978 ; Fuchs, 1982). D’autres, ayant plutôt pour objet la structuration d’échanges verbaux, cherchent à décrire les fonctions discursives que les marqueurs linguistiques de reformulation satisfont dans la construction du discours (De Gaulmyn, 1986 et 1987) ou dans l’établissement d’intercompréhension entre les sujets-participants (Gülich & Kotschi, 1983). Ces deux approches ont le mérite de permettre d’identifier à l’aide d’indices linguistiques spécifiques le savoir spécialisé inséré dans le discours, alors que n’est pas approfondie la question de savoir si dans l’échange verbal l’emploi de tels indices constitue la condition nécessaire et suffisante pour qu’un savoir spécialisé soit reconnu par les sujets-participants et, pour le dire autrement, comment ceux-ci considèrent dynamiquement un savoir comme spécialisé ou mondain dans l’échange verbal. Notre propos consistera à mette à jour les processus interactionnels par lesquels les sujets-interactants possédant des connaissances langagières déséquilibrées entre eux estiment un savoir spécialisé ou ordinaire. Nous nous intéresserons tout particulièrement à l’interaction appelée généralement « exolingue » (Porquier, 1984 ; Alber & Py, 1985 et 1986) dans laquelle le savoir et le savoir-faire langagiers chez un participant relatifs à la langue de communication sont censés n’être pas les mêmes que ceux chez son interlocuteur. Dans un premier temps, nous nous arrêterons pour montrer, dans une perspective alliée à la théorie de l’action (Schütz, 1964 ; Bange, 1992), comment le sujet-participant envisage ses propos et ceux de son partenaire et par quel processus interactionnel un savoir est considéré comme spécialisé (en 1). Puis, notre réflexion s’interrogera, après un bref rappel de la notion d’« exolingue », sur la frontière entre connaissances spécialisées et non spécialisés pour savoir comment elle est établie au cours de l’interaction « exolingue » (en 2). La réflexion s’appuiera sur des données constituées de paroles recueillies dans trois situations d’interaction « exolingue », dont l’une consiste à demander des informations sur les magasins régionaux dans un office de tourisme (corpus 1), une autre est une négociation commerciale dans un magasin de souvenir (corpus 2) et la dernière est une rencontre de passants dans la rue dont l’un, non natif, aborde un natif pour se faire renseigner sur le quartier (corpus 3).
Type de document :
Communication dans un congrès
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Contributeur : Fumiya Ishikawa <>
Soumis le : mardi 7 mars 2017 - 09:17:13
Dernière modification le : vendredi 14 juin 2019 - 01:32:24

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Fumiya Ishikawa. Qu’est-ce que le savoir spécialisé ? – Le savoir mis en jeu dans l’interaction verbale : le cas de l’interaction « exolingue ». Terminologie : Textes, discours et accès aux savoirs spécialisés, GLAT (Groupe de Linguistique Appliquée des Télécommunications), May 2012, Gênes, Italie. pp.173-185. ⟨hal-01484253⟩

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