George Sand et la philosophie de la nature - Archive ouverte HAL Accéder directement au contenu
Article Dans Une Revue Cahiers George Sand Année : 2021

George Sand et la philosophie de la nature

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Résumé

En ce qui concerne ce que Sand appelle les « études de la nature », nous pouvons établir une sorte de corpus principal dont le terminus ad quem serait composé de l’apologue de 1863, Ce que dit le ruisseau et de certains textes contemporains comme « À Charles Edmond », en date du 23 janvier 1863 ou « À Rollinat, journal », daté du voyage à Tamaris en 1861 ; et comme terminus a quo, trois textes publiés en 1868, dans la Revue des Deux Mondes sous le titre collectif Lettres d’un voyageur : à propos de botanique (« Le pays des anémones » le 1er juin, « De Marseille à Menton » le 15 juillet et « À propos de la botanique » le 15 août). Si le corpus s’étale ainsi sur un peu moins de dix ans, il semble que l’aboutissement même de la réflexion sandienne - là où l’on pourrait en somme juger de sa maturité spéculative - réside dans ce texte étonnant, adressé à son fils et rédigé au cours de l’été 1868 : « À propos de la botanique ». Ce texte se présente en apparence comme une sorte de commentaire de l’ouvrage d’Auguste Laugel, Les problèmes de l’âme, qui venait de paraître, mais constitue en réalité un véritable essai sandien sur la question des « trois âmes » qui pose le problème du rapport entre philosophie de l’esprit et philosophie de la nature. Cette réflexion sandienne sur les « trois âmes » (spécifique, personnelle, universelle) repose sur une double filiation : d’une part, la philosophie de la nature (notamment allemande, de Leibniz à Schelling) avec l’affirmation de l’âme spécifique ou inconsciente ; d’autre part, la réflexion française sur le dépassement du dualisme (notamment à partir de Léon Brothier, Leroux, Reynaud). L’originalité sandienne est à apprécier à l’aune de certaines modifications qu’elle apporte à ce schéma dialectique. Il est évident qu’elle opte davantage pour une triangulation que pour toute autre forme de représentation paradigmatique. D’après George Sand, l’âme personnelle semble plutôt une instance de détermination (sollicitations du spécifique) ou d’indétermination (appels de l’universel). L’âme personnelle subit ainsi deux injonctions : éducation de la vie spécifique (ou impersonnelle) et élévation à la vie universelle.
Fichier non déposé

Dates et versions

hal-03929410 , version 1 (08-01-2023)

Identifiants

  • HAL Id : hal-03929410 , version 1

Citer

Yvon Le Scanff. George Sand et la philosophie de la nature. Cahiers George Sand, 2021, Sand/Flaubert, 43 (2021), pp.183-199. ⟨hal-03929410⟩

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UNIV-PARIS3 CRP19
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