« Le rayon vert et le problème de la représentation romanesque ».

Résumé : Ce roman est construit autour d’un paradoxe créateur : il mène une recherche sur la nature même du romanesque sans pour autant se présenter comme un roman « romanesque ». Il faudrait plutôt parler alors de roman du romanesque, voire de roman du romanesque romantique. La mise en abyme du romanesque est une des constantes de l’écriture vernienne dans Le rayon vert : les références littéraires, romanesques et romantiques (Scott et Ossian notamment) saturent le récit jusqu’à en mettre à distance critique l’illusion référentielle et l’argument romanesque lui-même qui ne devient qu’un effet de « lecture » (à un double niveau) et de réécriture. Ce roman méta-romanesque, se présente alors comme un débat sur la représentation romanesque, comme une mise en scène des possibilités et des valeurs de cette représentation : les personnages principaux incarnent des visions du monde que le romancier met en jeu au sein d’une intrigue épurée, mais fermement structurée par des parallélismes et des oppositions. Le rayon vert, en tant que phénomène visible, est l’occasion, si ce n’est le prétexte, d’un débat entre ces niveaux de lecture qui ont trait à la représentation du monde extérieur : représentations matérialiste (Aristobulus Ursiclos), romantique (Helena Campbell), et artistique (Olivier Sinclair). Il semble que la résolution romanesque présentée par Le rayon vert cherche à maintenir l’exigence de la représentation référentielle en la subsumant par une vision esthétique du monde qui puisse rendre compte du « sens artiste de la nature » afin de la protéger et d’en jouir. Ce conflit des facultés romanesques se résout donc dans une valorisation de l’artiste et de sa vision transfiguratrice et néanmoins « réaliste » (ni matérialiste, ni fantastique). Il n’est pas innocent que le roman se termine sur la création d’une œuvre, celle du peintre précisément, qui magnifie l’apparence et la représentation de la nature, sans en être la reproduction.
Type de document :
Communication dans un congrès
Jules Verne ou les inventions romanesques, Oct 2005, Amiens, France. pp.249-262, 2007
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Contributeur : Yvon Le Scanff <>
Soumis le : vendredi 17 mars 2017 - 18:14:34
Dernière modification le : mercredi 22 mars 2017 - 15:57:38

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Yvon Le Scanff. « Le rayon vert et le problème de la représentation romanesque ».. Jules Verne ou les inventions romanesques, Oct 2005, Amiens, France. pp.249-262, 2007. 〈hal-01492035〉

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