« Les paradoxes du sublime romantique : une sublimation du négatif »

Résumé : Dans le passage (presque insensible) des Lumières au romantisme, l'expérience du sublime semble prendre une orientation nouvelle. Même si les références théoriques (Longin, Burke, Kant, Schiller) semblent avoir fermement et sans doute définitivement constituées l'esthétique, la thématique, la topique de ce concept paradoxal, la redéfinition romantique, moderne, chrétienne confère au sublime une autre dimension qui prend néanmoins appui sur ses données essentielles et fondamentales. Il s'agit, certes, sur un plan philosophique d'un passage du sensualisme à l'idéalisme, mais surtout, et plus fondamentalement, d'une intégration d'un concept esthétique au sein d'une civilisation cohérente qui se définit comme modernité littéraire et comme rupture culturelle. L'enjeu de cette conversion se trouve précisément défini au tournant du XIXème siècle, à l'occasion du débat qu'entretiennent conjointement et parfois contradictoirement Mme de Staël (De la littérature) et Chateaubriand (Génie du christianisme) dans les années 1800-1802. Le sublime devient alors le signe d'une rupture, d'une radicalité (modernité nordique, christianisme), d'une négativité. Les formes et les figures du sublime se trouvent alors réinterprétées: Ossian est ravi au néo-classicisme pour devenir une figure du sublime chrétien (Chateaubriand) ou tout du moins romantique (Mme de Staël), le recours au christianisme (ou à la modernité nordiste) offre également la possibilité d'intégrer une poétique de la privation fondée sur des "objets négatifs" qui va permettre au sublime romantique de marquer son originalité et sa spécificité par la promotion d'une négativité certaine qui transforme en profondeur l'esthétique (notamment l'appréhension du paysage du sublime taraudé par l'invisible, l'infini, la vacuité, l'expression du désert…) et l'éthique (le héros négatif, la conversion de l'enthousiasme en accablement, les formes du sacrifice, le renoncement, l'abnégation, la résignation…).
Type de document :
Communication dans un congrès
Les paradoxes du sublime. Des Lumières à l'Europe romantique des nations, Apr 2004, Grenoble, France. pp.113-124, 2007, Les paradoxes du sublime. Des Lumières à l'Europe romantique des nations
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Contributeur : Yvon Le Scanff <>
Soumis le : vendredi 17 mars 2017 - 18:10:12
Dernière modification le : mercredi 22 mars 2017 - 15:57:39

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Yvon Le Scanff. « Les paradoxes du sublime romantique : une sublimation du négatif ». Les paradoxes du sublime. Des Lumières à l'Europe romantique des nations, Apr 2004, Grenoble, France. pp.113-124, 2007, Les paradoxes du sublime. Des Lumières à l'Europe romantique des nations. 〈hal-01492032〉

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