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Communication Dans Un Congrès Année : 2020

Les fictions fantaisistes de George Sand (1833-1835) : un comique innocent ?

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Résumé

Cette étude prend appui sur la célèbre distinction baudelairienne entre le comique traditionnel et le comique romantique ; autrement dit, entre le « comique significatif » (ou « comique ordinaire ») et le « comique absolu » (ou « grotesque »). Le comique significatif est expression de la supériorité « de l’homme sur l’homme » ; tandis que le comique absolu est expression de la supériorité « de l’homme sur la nature », et dans ce cas on pourrait même parler de supériorité de l’homme sur sa nature, c’est-à-dire sur sa condition même : autant dire que dans ce cas, le rire englobe aussi bien le sujet et l’objet en un sens transcendant, à l’inverse du comique « ordinaire ». Mais Baudelaire décèle aussi dans les fantaisies carnavalesques, vénitiennes ou italiennes d’Hoffmann, le romantique allemand, un comique qui tient quelque peu des deux : le comique innocent : « Ce qui distingue très particulièrement Hoffmann est le mélange involontaire, et quelquefois très volontaire, d’une certaine dose de comique significatif avec le comique le plus absolu. » Le comique innocent se définit ainsi comme une veine impure du comique absolu d’origine romantique et germanique, et plus particulièrement hoffmannienne qui « unit à la raillerie significative française la gaieté folle, mousseuse et légère des pays du soleil, en même temps que le profond comique germanique », soit un rire du Nord enjoué par l’esprit du Midi, par le comique significatif. Ce comique innocent nous semble devoir exprimer la formule idéale d’un comique sandien qui se cherche et se retrouve dans une poétique réconciliatrice et totalisante : un comique allemand et français, grotesque et satirique, sous l’égide d’Hoffmann mais aussi de Molière. La formule du comique sandien, telle qu’elle semble l’élaborer dans ses années 1830 provient de ce mélange impur entre comique absolu et comique ordinaire, entre rire avec et rire contre, si l’on veut. Avec ce rire « ironique et tendre », « amer et charmant » qui caractérise le comique innocent hoffmannien, Sand trouve la formule de sa conception bouffonne. Pour ce faire, deux voies semblent s’offrir à son imagination de romancière : la variation des points de vue (Cora, Garnier) et la distribution des instances (Le secrétaire intime, Mattea).
Fichier non déposé

Dates et versions

hal-03929502 , version 1 (08-01-2023)

Identifiants

  • HAL Id : hal-03929502 , version 1

Citer

Yvon Le Scanff. Les fictions fantaisistes de George Sand (1833-1835) : un comique innocent ?. George Sand comique, Olivier Bara; François Kerlouégan, Oct 2018, Lyon, France. pp.29-42. ⟨hal-03929502⟩
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