« Jacques de George Sand et le sublime : un personnage à l’essai » - Archive ouverte HAL Accéder directement au contenu
Chapitre D'ouvrage Année : 2006

« Jacques de George Sand et le sublime : un personnage à l’essai »

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Résumé

Le personnage éponyme de Jacques, ce roman épistolaire de George Sand paru en 1834, est énigmatique à plus d’un titre. Il convient sans doute de prendre en compte (et au sérieux) ce que Sand elle-même a pu écrire : « Ce n’est l’histoire d’aucun de nous », « ce n’est qu’un essai ». La question reste de connaître la nature de cette tentative romanesque, de cette esquisse inachevée, à moins que le terme d’ « essai » soit à prendre au sens d’un questionnement problématique, personnel et littéraire d’une idée dont le roman serait alors le laboratoire. Le roman pose en fait une question esthétique en des termes qui relèvent sans doute de la problématique du sublime : comment réguler des pulsions et ce qu’elles peuvent engendrer comme destructions (de formes, de vies, de plaisirs) pour les transfigurer, les sublimer et leur donner un sens (une direction, une orientation ainsi qu’une signification) ? Il nous a semblé, pour notre part, que c’était cette esthétique du sublime qui pouvait nous permettre, sans en élucider le caractère énigmatique, de rendre compte d’un roman et d’un personnage impossibles. Le geste parabolique esquissé par Jacques est le geste du sublime : expression d’une souffrance absolue, il témoigne d’une résistance surhumaine qui élève l’individu au-dessus de la petitesse que la société des hommes voulait lui imposer ; il est grandeur par le malheur, élévation par l’abnégation, héroïsme par l’échec et la défaite. Le sublime conjugue les impossibles et désoriente les orientations géométriques de la morale : le haut coïncide avec le bas, le bas est d’autant plus haut qu’il est bas… Le roman semble inviter son lecteur à cette révolution utopique et sans doute impossible des mœurs de l’amour et de l’amitié par l’éthique du sacrifice et l’esthétique du sublime, qui donnent sens et beauté à la souffrance. Jacques, personnage-oxymore de feu et de glace, héros insensible par excès de sensibilité, en est un emblème évident.
Fichier non déposé

Dates et versions

hal-01492023 , version 1 (17-03-2017)

Identifiants

  • HAL Id : hal-01492023 , version 1

Citer

Yvon Le Scanff. « Jacques de George Sand et le sublime : un personnage à l’essai » . La pensée du paradoxe. Approches du Romantisme. Hommage à Michel Crouzet, pp.641-649, 2006, 2-84050-454-5. ⟨hal-01492023⟩

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